Électrification des usages, réseaux, stockage, géothermie, biométhane, recyclage… La transition énergétique entre dans une nouvelle phase. Au-delà du développement des énergies renouvelables classiques, elle nécessite désormais les infrastructures permettant de produire, distribuer, stocker et utiliser une énergie bas carbone – et si possible « souveraine ». Pour les investisseurs, cet élargissement ouvre de nouveaux champs d’investissement, avec un enjeu : pouvoir en mesurer concrètement l’impact.
Pendant longtemps, la transition énergétique s’est largement confondue, dans l’imaginaire collectif, avec le développement du solaire et de l’éolien. Ces deux technologies restent indispensables, mais elles ne représentent désormais qu’une partie des infrastructures nécessaires.
L’électrification progresse dans les transports, l’industrie et de nombreux usages du quotidien, tandis que le développement du numérique crée de nouveaux besoins en électricité. Parallèlement, l’augmentation de la production renouvelable nécessite davantage de réseaux, de capacités de stockage et de solutions de flexibilité.
Cette évolution répond aussi à une réalité économique. En Europe, énergie, compétitivité industrielle et autonomie stratégique sont désormais étroitement liées. Les tensions géopolitiques et commerciales dessinent un impératif de souveraineté industrielle.
Les besoins en capitaux sont considérables : la Commission européenne estime à environ 660 milliards d’euros par an entre 2026 et 2030 les investissements nécessaires dans le secteur énergétique européen, contre 240 milliards d’euros par an en moyenne entre 2011 et 2021¹.
« La transition énergétique n’est plus seulement un enjeu climatique. Elle devient un impératif de compétitivité et de transformation industrielle de long terme. » Nicolas Rochon, fondateur et président, RGREEN INVEST
Des infrastructures de transition de plus en plus diversifiées
Au-delà des renouvelables, et des réseaux et capacités de stockage indispensables à leur intégration, les opportunités s’élargissent aujourd’hui à des infrastructures dont le rôle dans la transition énergétique est parfois moins évident, mais tout aussi essentiel.
- Puiser une énergie sous nos pieds
La géothermie permet d’exploiter une ressource énergétique locale, bas carbone et pilotable issue du sous-sol pour répondre à des besoins de chaleur, en substitution notamment au gaz naturel.
Aux Pays-Bas, des projets financés par les fonds gérés par RGREEN INVEST permettent par exemple d’alimenter des serres et des entreprises locales grâce à des réseaux de chaleur géothermique. Les émissions évitées associées sont estimées à 33 000 tonnes de CO₂e par an2.
Au-delà de la réduction des émissions, ces infrastructures permettent de mobiliser une ressource énergétique locale pour répondre à des besoins économiques concrets.
- Faire d’un déchet une ressource
Le biométhane se situe à la croisée de l’énergie et de l’économie circulaire.
Des matières organiques, résidus végétaux et sous-produits agricoles peuvent être valorisés pour produire du gaz renouvelable. La méthanisation génère également un « digestat » susceptible d’être utilisé en agriculture.
Des infrastructures de biogaz existantes peuvent par ailleurs évoluer vers la production de biométhane en s’appuyant sur des ressources disponibles localement.
Produire de l’énergie, valoriser des ressources locales et limiter les déchets illustrent ainsi la convergence croissante entre transition énergétique et économie circulaire.
- Recycler pour produire demain
L’électrification nécessite des équipements et donc des matières premières, notamment des métaux critiques comme le cuivre ou le lithium. L’enjeu porte ainsi également sur la capacité à mieux maîtriser les ressources nécessaires aux nouvelles infrastructures.
Le développement du recyclage permet de remettre des matières dans le circuit économique, de soutenir des chaînes de valeur industrielles européennes et de réduire certaines dépendances aux approvisionnements internationaux.
Le recyclage devient ainsi un maillon à part entière de la transition industrielle.
Du besoin économique à l’impact mesurable
Élargir le champ de la transition énergétique ne signifie pas pour autant que toute infrastructure qui s’y rattache génère, par nature, un impact.
Une technologie considérée comme « verte » ou l’appartenance à un secteur lié à la transition ne suffisent pas, à elles seules, à le caractériser. Les dispositifs règlementaires existants font preuve d’une certaine myopie à cet égard.
Aussi l’impact recherché par RGREEN INVEST repose sur trois dimensions complémentaires : l’intentionnalité, l’additionnalité et la mesurabilité. Autrement dit : définir l’impact recherché, apprécier la contribution du financement et mesurer les résultats obtenus dans le temps.
Derrière ces notions se trouvent des questions très concrètes : que finance-t-on ? À quel besoin répond l’infrastructure ? Quelle contribution le financement apporte-t-il ? Et quels résultats peut-on mesurer ? Nous nous positionnons précisément sur chacune de ces questions.
Pour l’investisseur, la question n’est donc plus seulement de savoir si un actif relève de la transition énergétique au regard de quelque cadre théorique, mais ce que son financement change dans le monde réel, et comment ce changement se mesure dans la durée.
Quelques chiffres
- 660 Md€ par an de besoins d’investissement dans le secteur énergétique européen entre 2026 et 2030, puis 695 Md€ par an entre 2031 et 2040¹
- 584 Md€ d’investissements nécessaires dans les réseaux électriques européens d’ici 20303
- 40 % des réseaux de distribution européens ont plus de 40 ans3
- Actifs en portefeuille de l’ensemble des fonds RGREEN INVEST en 2025⁴ :
- Plus de 11 TWh d’électricité renouvelable générée en 2025, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle d’environ 3 millions de foyers européens
- Près de 3,4 MtCO₂e d’émissions évitées en 2025, soit environ les émissions annuelles de 1,5 million de voitures thermiques
Sources :
¹ Commission européenne, Clean Energy Investment Strategy, mars 2026
² RGREEN INVEST données au 31/12/2025. Estimation des émissions annuelles évitées par le projet géothermique, fondée sur une analyse du cycle de vie (ACV) réalisée par un tiers externe indépendant. Donnée portant sur 100 % du projet, sans proratisation selon la quote-part financée par RGREEN INVEST
³ Commission européenne, EU Action Plan for Grids, novembre 2023
⁴ RGREEN INVEST données au 31/12/2025. Portant sur 100 % des actifs financés, toutes sources de financement confondues, et non sur la seule quote-part de RGREEN INVEST